Le roman policier africain séduit de plus en plus de lecteurs africains, et les plonge dans l’univers trouble et angoissant des enquêtes révélant le côté sombre de l’humain.

Les soldats de l’aube de Deon Meyer, Zulu de Caryl Férey, Les nuits de patiences de Tobie Nathan, Lagos Lady de Leye Adenle ou Les enfants du cap de Michèle Rowe. Ces romans dévoilent tout ce qu’il y a de plus noir dans l’être humain dans une société corrompue où crime, meurtre, vol et viol sont marqués par le sceau du silence. Des histoires avec une fin plus ou moins heureuse, qui poussent les lecteurs à s’y accrocher jusqu’au dénouement final.

Dans un dossier spécial de 12 pages, « L’heure du crime », sorti ce 15 août 2016 en kiosque, le journal Jeune Afrique brosse le portrait des auteurs africains de romans policiers les plus en vue. Il fait également une analyse de la santé du polar en Afrique et de son rayonnement à l’international qui tarde encore à démarrer.

Il ressort de ce dossier qu’il existe deux tendances dans ce genre littéraire en Afrique. D’un côté les auteurs anglo-saxons qui, influencés par les thrillers américains, mettent un peu plus l’accent sur l’intrigue, et de l’autre, les auteurs francophones qui s’appliquent particulièrement à bien manipuler la langue française, parfois au détriment de l’intrigue.

Réalité et fiction locales : Les histoires africaines sont-elles exportables ?

Les récits des auteurs de polars africains puisent leur inspiration dans la réalité qui les entoure. Le lecteur africain se reconnaît dans l’environnement de l’intrigue, parle le même langage que les personnages et connaît les décors où se déroulent les scènes. Un atout majeur pour attirer le lectorat africain de plus en plus grandissant.

« Marli Roode, Karin Brynard et Michèle Rowe inscrivent leurs intrigues dans un quotidien sud-africain corrompu par des heurts raciaux hérités d’un passé toujours présent. Leye Adenle nous dépeint un Nigéria déchiré par une fracture économique, en proie à la persistance de traditions magiques qui en appellent à des sacrifices humains. Parker Bilal évoquant les dissensions pouvant exister entre musulmans et coptes, et montre comment politique et religion peuvent faire mauvais ménage », décrit dans le dossier la journaliste Séverine Kodjo-Grandvaux

Le constat établi dans ces 12 pages est sans appel : bien que les polars de ces grandes pointures soient appréciés dans de nombreux pays, le polar africain peine à s’imposer sur la place internationale, surtout lorsque les auteurs sont noirs. « Peu d’auteurs noirs parviennent à émerger sur le plan international », confie le journaliste Nicolas Michel dans le dossier spécial sur « L’heure du crime ». Mais pour ce dernier rien n’est perdu puisque « la profusion créative actuelle laisse néanmoins espérer un happy end, caractéristique fréquente, quoique en trompe-œil, d’une majorité de polars ».

Espérons que le roman policier africain continuera son parcours dans les méandres obscurs de l’Afrique en espérant y trouver la lumière tant sur le plan local que mondial.

Patricia Nya Njaounga

Vendredi Polar Saison 1  

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