« Le soleil sans se brûler » de Théo Ananissoh a été publié, en 2015, aux éditions elyzad. Il inaugure la collection « Vies et demie », dédiée aux écrivains et artistes du continent africain, chez le même éditeur.

« Un pacte nous lie, Sony et moi ». Lâche Améla, ancien universitaire et ex-ministre, à Théo, son ancien étudiant, de retour d’Europe, à qui il relate les épisodes de son amitié avec Sony. Plus clairement, c’est lors d’un «  séjour studieux» au pays de l’oncle Sam, aux Etats-Unis d’Amérique, à New-York, que les deux hommes, Améla et Sony, se lieront d’amitié en se promettant «…la solidarité, l’amitié vraie, (et) l’amour… ». De fait, c’est la naissance du roman de Sony, L’Etat honteux, qui conforta leur amitié.

En  effet, c’est en lisant entre les lignes de son parcours mitigé, de politicien et d’universitaire, qu’Améla décide d’honorer le pacte de fidélité qui le lie à son ami de frère, Sony, qui se meurt au pays de Napoléon, en France, et dont le souhait est d’être inhumé partout excepté dans son pays natal : le Congo ; qui, selon lui, ne l’a pas vraiment considéré comme son digne fils. Dès lors, Améla, ami fidèle et frère téméraire, tente, contre tout espoir, de réaliser le souhait de Sony en usant de tous les stratagèmes pour le faire rapatrier au Togo.

Ce livre, qui s’apparente à une biographie, se veut plutôt un hommage qui met en branle la mythologie personnelle de l’écrivain et dramaturge congolais Sony Labou Tansy, dont le destin fut tragique. D’ailleurs, lors d’une interview, comme pour le corroborer,  Ananissoh  soulignera que «…Ce livre fait suite au souhait de (l’) éditrice (Elyzad) de lancer une collection consacrée aux auteurs et artistes africains (…) des œuvres où l’artiste serait un personnage de création littéraire ».

En outre, en lisant ce roman, dont le point d’achoppement est de rendre hommage à une figure littéraire africaine, Sony Labou Tansy notamment, il se dessine l’ombre de «  Ravel » dans lequel sont racontées, par Jean Echenoz, les dix dernières années de la vie de Maurice Ravel. Autrement dit, « Le soleil sans se brûler » serait le prétexte de l’incitation d’une réflexion de fond sur la manière de pérennisation de l’âme des artistes et des écrivains, dans un contexte où on nivelle par le bas, et où la corde de l’entretien de la mémoire est un fort argument culturel.

Au reste, ce roman-hommage, qui célèbre vingt ans après, Sony Labou Tansy une légende littéraire africaine froissée, est une sorte de saga qui fait voguer le lecteur à la fois dans la réalité et la fiction : là est le nœud serré de son originalité. Pour la route, cet extrait qui nous plonge au cœur de cet opuscule:

« Rien de ce que tu apportes ne vaut la chair humaine, c’est-à-dire la fraternité, l’amitié (…) entre deux êtres qui sont fidèles l’un à l’autre, qui sont ensemble, qui se nourrissent l’un de l’autre ! (…) Aucun gain, aucun aliment aussi exquis soit-il, n’est supérieur à cela. » !

Par Nkul Beti

Critique littéraire, écrivain et chroniqueur.

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