La parole aux négresses - Awa Thiam - Éditions Saaraba

Rentrée Littéraire Malienne 2024 : l’Art du Vivre-Ensemble Célébré

par La redaction
Offrir un verre à Afrolivresque
Rentrée Littéraire Malienne 2024 : l’Art du Vivre-Ensemble Célébré

Du 20 au 24 février 2024, la 16ᵉ édition de la Rentrée Littéraire malienne sera lancée. Cette édition se distingue par son thème central : « L’Art du Vivre-Ensemble ». Cette thématique est d’autant plus pertinente dans le contexte actuel, où la solidarité et la coexistence pacifique au Mali semblent être mises à l’épreuve. À travers cette initiative, les organisateurs aspirent à raviver la signification et l’importance de cette notion souvent galvaudée.

Selon les organisateurs, cette rentrée littéraire malienne a pour objectifs de “ redonner puissance et pouvoir aux mots abîmés, de nommer ce qui doit l’être, de mettre la réalité en débat et les imaginaires au travail”.

Lors de cette rentrée littéraire malienne de 2024, plusieurs prix prestigieux vont être décernés :

  • Le Prix Moussa Sow 2024 récompense les essais publiés entre le 1ᵉʳ janvier 2022 et le 31 décembre 2023. Le lauréat recevra une récompense de 1 000 000 FCFA. 
  • Le Prix Union européenne Premier Roman 2024 est attribué à une première œuvre romanesque publiée entre le 1ᵉʳ janvier 2022 et le 15 janvier 2024. Le lauréat de ce prix recevra une récompense de 1 000 000 FCFA.
  • Le Prix Massa Makan Diabaté 2024 est décerné à une œuvre littéraire publiée entre le 1ᵉʳ janvier 2022 et le 15 janvier 2024. Ce prix, ouvert aux romans, recueils de nouvelles, récits ou pièces de théâtre, offre au lauréat une récompense de 2 000 000 FCFA (deux millions de francs CFA).
  • Le Prix Ahmed Baba 2024 est un prix littéraire attribué à une œuvre publiée entre le 1ᵉʳ janvier 2022 et le 31 décembre 2023. Ce prix cible les œuvres écrites ou traduites en français, incluant les romans, recueils de nouvelles et récits. L’auteur de l’œuvre primée se verra décerner une récompense de 3 000 000 FCFA (trois millions de francs CFA).

La remise de ces prix aura lieu le 24 février 2024, et l’annonce sera faite sur le site de la Rentrée Littéraire du Mali.

Sami Tchak, Rodney Saint-Éloi, Michèle Rakotoson, Nétonon Noël Ndjékéry, Diadié Dembélé, Alain Serge Dzotap, Khalil Diallo, Dominique Celis, Antoinette Tidjani et bien d’autres font partie des invités de renom de cette rentrée littéraires.

Présentation complète du thème de la rentrée littéraire du Mali 2024 : 

Forum des manifestations littéraires en Afrique pour une plus grande circulation et visibilité des auteurs édités sur le continent

Vivre ensemble ! Cette expression tant entendue s’est vidée de son sens. Elle ressemble à une promesse non tenue, et nous pourrions cyniquement traiter de naïfs ceux et celles qui l’emploient, qui ressentent l’urgence de s’y atteler, de le penser, de le mettre à l’épreuve, là où ils vivent, là où ils sont ensemble, là où ils osent encore espérer.

Car il ne s’agit pas d’une injonction à un futur jamais atteint, mais d’une réalité présente. Nous n’avons pas le choix. Nous sommes ensemble, que nous l’acceptions ou non. Alors comment faire, penser, créer des espaces où l’on peut respirer, poser les armes, et à partir de ces espaces, nous tourner vers le monde ?

L’époque, les faits, nous défient : vivre ensemble est plus difficile que jamais. La solidarité, l’écoute et la compréhension, la connaissance mutuelle la plus profonde et le désir d’avancer ensemble sont d’autant plus nécessaires. Le vivre-ensemble, comme expression et comme concept, se doit d’être revisité, soigné et non abandonné. Cela demande du courage et une bonne dose de lucidité.

La rentrée littéraire est l’occasion, pour les différents acteurs du livre (écrivains, éditeurs, libraires, artistes), de redonner puissance et pouvoir aux mots abîmés, de nommer ce qui doit l’être, de mettre la réalité en débat et les imaginaires au travail. On peut encore inventer, spéculer, construire.

Que signifient les mots que nous employons : vivre, commun, universel, ensemble ? Et que sait l’Afrique de l’art du partage et de l’échange, que peut-elle opposer à l’expérience continue de destruction, au découragement, à la révolte face aux occupations brutales des terres, à la loi du profit, à la situation absolument indigne que vivent les migrants sur le continent-même ? L’Afrique se doit d’opposer au déshonneur face à l’indifférence générale et au mépris de l’humain une intelligence en action et le vivre-ensemble de toutes nos cultures vivantes.

Durant de longues périodes de l’histoire africaine, le guerrier, le pasteur, ceux qui enseignent, ceux qui nourrissent et soignent, ont su se protéger les uns les autres pour affronter les défis qui se dressaient devant eux dans le même espace de vie, et tisser un espace commun porteur de sens.

Se reconnaître dans nos diversités, confronter nos regards sur notre avenir commun, accepter de chercher ensemble des solutions à nos conflits ou à nos malheurs, oser le doute et la contradiction, accepter même de penser contre soi, comme le fait le scientifique, voilà un projet louable pour qu’émergent des idées nouvelles.

Les savoirs des sociétés africaines sont puissants quant aux manières de cohabiter en paix. Le concept de « cousinage », propre à la plupart des pays d’Afrique, n’est-il pas un moyen de désamorcer les conflits en mettant en valeur une fraternité agissante ? La notion d’Ubuntu chère à Nelson Mandela, le grand chantier de réconciliation mis en place au Rwanda, autant de pensées, d’outils, qui pourraient inspirer le monde.

L’écrivain, l’artiste, ou l’architecte, dans la solitude de son travail de création, réfléchit et travaille sans perdre de vue qu’il offrira sa confession ou son regard, parfois incisif, sur sa société ou sur lui-même. Il invite l’autre à s’identifier ou à méditer sur cette si fragile situation commune à tous : la vie sur une minuscule planète au sein de l’Univers.

Lors de la rentrée littéraire, les écrivains quittent cette solitude et se donnent le temps de la rencontre, de l’échange avec les lecteurs et les citoyens, pour qu’au cœur d’une Afrique blessée, durant cette semaine, se crée un espace, comme un lieu d’expérimentation du vivre-ensemble.

 

Rentrée littéraire du Mali/Fonds des prix littéraires du Mali

BP E 4349, Faladiè IJA, Bamako, Mali

Tél. : (223) 76 46 21 14/ 60 49 82 33

Email : fonds@afribonemali.net

Site Web : www.rentreelitterairedumali.org

Bissap, tisane ou café ?

Soutenez Afrolivresque

Laisser un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et le traitement de vos données par ce site web.

Vous pourriez aussi aimer

À propos

Afrolivresque LogoL’Afrique au creux des lettres

 

Liens utiles

Newsletter