Djamila Ribeiro est une journaliste, essayiste, féministe, activiste et philosophe afro-brésilienne. Beaucoup la considèrent aujourd’hui comme une référence du féminisme noir et de la lutte contre le racisme et les inégalités sociales. Portrait de cette femme qui est l’une des leaders les plus  influentes du mouvement des droits des femmes afro-brésiliennes.

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Le parcours d’une philosophe engagée

Née en 1980 d’une mère ménagère et d’un père docker, Djamila Ribeiro connaît très jeune la discrimination et le racisme. Le fait d’être la seule enfant noire de son école n’arrange pas les choses. Des années plus tard, son travail à la bibliothèque de la Maison de la culture de la femme noire l’amène à découvrir les fondements du féminisme. Ainsi, elle développe un grand intérêt pour ce combat et s’engage. Elle oriente par la suite ses études supérieures vers la philosophie et est depuis 2012 titulaire d’un master de philosophie de l’université fédérale de São Paulo Ribeiro. Elle franchit un nouveau cap en 2015 en devenant maître en philosophie politique avec son mémoire portant sur les théories féministes.

Les 3 livres féministes de Djamila Ribeiro à découvrir

Très connue au Brésil pour son activisme sur internet, Djamila Ribeiro a aussi publié des livres de références sur le féminisme. Les traductions en français sont publiées aux éditions Anacaona.

1. Petit manuel antiraciste et féministe (préface de Françoise Vergès)

Note de l’éditeur: Dans ce petit manuel, Djamila Ribeiro, philosophe et féministe brésilienne, aborde le racisme dans le milieu professionnel et culturel, parle de négritude, de blanchité, de désirs et affects… En dix chapitres courts et impactants, elle présente des pistes de réflexion pour reconnaître les discriminations raciales, prendre conscience de certains privilèges, adopter des pratiques antiracistes et féministes et, ainsi, assumer la responsabilité de faire bouger les choses. C’est une pratique qui commence dans les attitudes quotidiennes, et qui nous concerne toutes et tous.

2. La place de la parole noire

Note de l’éditeur: La place de la parole noire questionne qui a droit à la parole dans une société où la masculinité, la blanchité et l’hétérosexualité sont la norme. S’appuyant sur les réflexions de féministes historiques comme Simone de Beauvoir et de féministes noires modernes, Djamila Ribeiro révèle la position critique de la femme noire : elle est l’autre de l’autre, à la marge du débat sur le racisme centré sur l’homme noir, et à la marge du débat sur le genre centré sur la femme blanche.

Le féminisme noir ne crée pas de scissions, bien au contraire : il rompt avec la scission créée par une société inégale et réfléchit à la façon dont les oppressions de race, de genre, et de classe s’entrecroisent.

3. Chroniques sur le féminisme noir

Note de l’éditeurRacisme et machisme à la télévision, métisses et carnaval, Serena Williams, féminisme, quotas raciaux, mobilisation sur les réseaux sociaux, blackface… Rien n’échappe au regard aiguisé de la philosophe, féministe et activiste Djamila Ribeiro. Dans ces chroniques originellement publiées dans la presse, Djamila Ribeiro réagit à chaud sur des situations du quotidien, à partir desquelles elle aborde des concepts comme le patriarcat, les droits LGBT+, l’autonomisation des femmes, et évoque des auteures de référence pour le féminisme comme Angela Davis ou Simone de Beauvoir.

La force de caractère et la détermination dont fait preuve Djamila Ribeiro sont une inspiration pour beaucoup. Tout au long de son parcours, elle accumule actions fortes et distinctions. Elle contribue notamment à la rédaction des Freedom Papers en 2018. Elle est élue meilleure chroniqueuse du Woman Press Trophy la même année et figure parmi les 100 personnes les plus influentes du monde selon l’ONU. En 2019, elle est lauréate du Prix du prince Claus aux Pays-bas, qui récompense chaque année « les visionnaires à l’avant-garde de la culture et du développement ». Ces quelques distinctions sont la preuve de son abnégation et de son engagement pour sa cause.

La rédaction

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