Le Traité de Marrakech a été adopté le 27 juin 2013 dans le but de « faciliter la production et la diffusion de livres » et l’accès aux textes imprimés pour des personnes handicapées visuelles. Il élargit ainsi leurs possibilités de lecture jusqu’ici extrêmement limitées, du fait de la rareté des contenus adaptés et mis à leur disposition.

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Un meilleur accès à l’information et à la culture

Selon l’Union Mondiale des Aveugles, entre 1 et 7% d’œuvres écrites sont accessibles aux  personnes handicapées visuelles, en partie à cause des droits d’auteurs. Ce chiffre dérisoire traduit une réalité implacable qui a de nombreuses répercussions dans le quotidien de ces personnes. Trouver un ouvrage scientifique ou découvrir le dernier roman à la mode n’est pas une évidence pour cette cible.

Seulement entre 1 et 7% d'œuvres écrites sont accessibles aux personnes handicapées visuelles Cliquez pour tweeter

Le Traité de Marrakech a pour principale ambition de réparer cette injustice. Les pays signataires ont ainsi l’obligation d’ajuster leurs textes de lois concernant les droits d’auteurs. Le but étant de faciliter la traduction, la reproduction et la distribution d’œuvres publiées sous une forme accessible aux personnes handicapées visuelles. Il préconise également la libre circulation des contenus adaptés entre pays signataires, ce qui représente une véritable avancée pour les associations œuvrant sur le terrain.

Quel impact sur le quotidien des personnes handicapées visuelles?

Il est énorme dans la mesure où il est désormais possible pour une organisation gouvernementale ou à but non lucratif de faire rééditer en braille par exemple les contenus de son choix, sans forcément solliciter l’aval de son auteur ou de l’éditeur. L’échange transfrontalier des œuvres d’une organisation à une autre est une véritable aubaine pour les pays africains qui ont ratifié le traité. On peut citer pèle- mêle le Cameroun, le Congo, la Côte d’Ivoire, Djibouti, le Ghana, le Kenya, le Lesotho etc. Des organisations religieuses, de même que de nombreuses associations ont pu agrandir leur champ d’action. 

Une bibliothèque pour aveugles et personnes handicapées visuelles a ainsi vu le jour il y a quelques années à Douala, au Cameroun. La bibliothèque Le Pavillon Blanc propose l’accès à plusieurs milliers d’ouvrages en braille ou en caractères accessibles aux personnes handicapées visuelles. 

L’Union francophone des aveugles(UFDA), dont le siège est à Paris et qui regroupe 26 pays dont plusieurs situés en Afrique, travaille également à une meilleure coopération entre les auteurs, les traducteurs et les personnes aveugles et malvoyantes. De nombreux partenariats ont ainsi pu voir le jour, permettant notamment aux pays en voie de développement, d’avoir accès à beaucoup plus d’ouvrages. Par exemple, la Bibliothèque Sonore « Roger Dorsinville » a été ouverte par la Société Haïtienne d’Aide aux Aveugles (SHAA) dans la ville de Port-au-Prince en partenariat avec l’Union Européenne, Bibliothèques Sans Frontières (BSF), Bibliothèque Publique d’Information (BPI) de Paris et FOKAL (Fondation Connaissance et Liberté).

La rédaction

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