Qui se souvient des histoires qui nous étaient contées  à la maternelle ou par des aînés lorsqu’on était enfant? Qui se souvient de cet instant merveilleux où l’on oubliait tout autour de soi et se plongeait dans le monde imaginaire décrit par la belle voix du conteur? Ce moment magique qui débutait très souvent avec ce rituel où le narrateur criait très fort “HISTOIRE…” et tous les petits suspendus à ses lèvres répondaient en cœur “RACONTES!!”

À cette époque  la télévision n’existait pas  ou alors était réservée aux plus nantis. Les téléphones portables ou tout autre joujou électronique dont raffolent les enfants de nos jours (jeux vidéo, tablette etc…) étaient aussi inexistants. La Radio était alors le seul médium présent dans presque tous les foyers et les émissions telles que “L’aventure mystérieuse” de Patrice Nguemadong sur la chaîne radio Africa NR1 occupaient une place de choix dans nos soirées.

NOSTALGIE… NOSTALGIE…

Les contes décuplaient notre imagination d’enfants, nous transportant en une seconde dans un monde imaginaire aux possibilités infinies et enrichissantes. Ces moments se déroulant généralement autour d’un feu ou assis autour d’une table, ils étaient non seulement des moments exquis de détente, mais aussi  des occasions de partage entre nous, les enfants et nos aînés, les conteurs. Les narrations étaient rythmées par nos cris de frayeur ou de joie, par nos rires  ou par nos mimiques.

Généralement, le conteur accompagnait l’histoire de gestes illustrant les scènes qu’il décrivait. On aurait dit un acteur de théâtre sur scène. Grâce à  cette tradition orale du récit, se sont  transmis de générations en générations des Contes , des mythes , des traditions, des chants.  La littérature orale n’est donc pas seulement une source de distraction, elle a aussi une valeur éducative  et permet d’initier  les jeunes générations aux préceptes de la vie.

il était une fois

Ce rituel et cette technique narrative qui découlent de nos traditions orales, et qui étaient répandus sur tout le continent africain tendent hélas à disparaître. Il est de plus en plus rare de rencontrer des parents qui accordent du temps à leurs enfants afin de leur transmettre les contes et légendes de notre culture. Le dialogue a malheureusement laissé place à la télévision omniprésente.  Les instants de partage entre ces deux générations sont donc devenus très rares. Une partie de notre identité culturelle africaine se perd ainsi peu à peu.

C’est donc un riche héritage culturel qui se volatiserait si rien n’est fait pour y remédier. Cette célèbre citation de Sembène Ousmane „ Un vieillard qui meurt, est une bibliothèque qui brûle“ illustre parfaitement le drame qui se produit actuellement sur notre continent. Si nous perdons notre identité culturelle, comment pourrions nous nous définir face à  d’autres peuples?

LE LIVRE AUDIO, UNE OPPORTUNITÉ?

À l’heure où l’édition  des livres d’auteurs africains peine à décoller, il serait temps de penser à vulgariser de nouveaux supports pour les traditions orales africaines. Les nouvelles Technologies nous offrent des possibilités infinies nous permettant d’atteindre en un laps de temps une très grande quantités de personnes réparties à travers le monde. Internet en est le symbole et nous offre une plate-forme où aucune frontière n’existe; l’information y circule à une vitesse incroyable.

“Le livre audio offrirait donc une possibilité de conserver la tradition de la littérature orale africaine. Le savoir ancestral serait ainsi gardé et deviendrait accessible à tous, permettant ainsi la transmission de notre culture aux  générations futures”.

Face à de telles opportunités technologiques, nous nous devons de repenser de nouvelles solutions aux nombreux problèmes de conservation et transmission du patrimoine culturel  que nous rencontrons. L’un des support encore non exploité serait par exemple le livre audio pour le récit et la transmissions de nos contes, mythes et légendes. Le livre audio est tout simplement un livre lu par un ou plusieurs narrateurs, enregistré sur un support audio. Il est parfois accompagné d’effets sonores pour agrémenter le récit. Il prend de plus en plus une place importante dans le monde littéraire  car il présente des avantages tels que:

  • Sa praticité:  il peut avoir plusieurs supports tels que téléphone portable, tablette, CD, i-Pod, lecteur MP3 et peut donc être transportés facilement sans occuper une grande place.

  • Les problèmes d’édition deviennent inexistants, puisque la seule chose nécessaire pour réaliser un livre audio est un studio ou un système d’enregistrement sur un support audio.

  • Il permet l’accès à la littérature aux personnes ayant un handicap ou une cécité visuelle.

Le livre audio est de plus en plus répandu en Europe et en Amérique où il naquit en 1932. Il représente près de 8% du marché littéraire aux États Unis, 10% en Allemagne et 12% Suède.

Le livre audio offrirait donc au continent africain une possibilité de conserver notre tradition orale. Le savoir ancestral serait ainsi gardé et deviendrait accessible à tous, permettant ainsi la transmission de notre culture aux  générations futures.

Le monde littéraire africain a donc une occasion en or afin de se redéfinir et de surmonter les challenges. La littérature enrichie notre Esprit et est la clé du savoir. Éveillons l’esprit de nos enfants, apprenons leurs à rêver notre Afrique en grand et à être fiers de notre héritage culturel. Nous ne pouvons demander à autrui de nous respecter ou d’honorer notre culture et nos valeurs si nous mêmes Africains n’avons aucune considération pour notre „Être profond“. Notre devoir de parents est d’apporter notre pierre à l’édifice en plantant la graine du savoir en nos enfants. Ne nous défilons donc pas car nous rendrons compte à nos descendants.

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