SAISON 2 : AMITA LA DANGEREUSE

 ÉPISODE 4 : Le Turbo

*****

Jean-Pierre Bikoué n’était vraiment pas ce que l’on pouvait qualifier de virtuose footballistique, même si, comme la moitié des camerounais, lui également nourrissait le rêve fou de quitter son pays et d’imiter son idole Samuel Eto’o, afin de faire fortune en tant que joueur professionnel du prestigieux « FC Barcelone » qui n’attendait naturellement que lui.

Déjà s’époumonait-il à courir derrière une balle transversale trop longue en maugréant des injures à l’adresse de son coéquipier, qui n’avait toujours pas compris que les passes verticales étaient une invention de commentateurs de télévision oisifs et n’avaient rien à chercher pendant un match réel. Sa bedaine tressautait dans son T-shirt sale à l’effigie du « Real de Madrid » et son visage outragé avait pris la couleur de la terre ferralitique qui leur servait de revêtement pour « la santé ». Cette dernière n’étant rien d’autre qu’une activité sportive dominicale qui se résumait à une heure de course-poursuite dans la poussière de ce petit terrain vague et quatre heures à vider des casiers de bière dans le dépôt de boisson voisin.

Dehors, des spectateurs assis sur des bancs de fortune commentaient moqueusement chaque action ratée.

« OOhhh… le pichichi !!! » scandaient-ils alors, hilares, en se tapant de joie sur les cuisses pendant que Jean-Pierre, sous le poids de sa trentaine chevauchante, récupérait de ses efforts, assis par terre, vexé d’avoir manqué son ballon et quasiment au bord de l’apoplexie.

Soudain, un des joueurs s’essaya à un tir à distance au grand désarroi de l’équipe adverse et des spectateurs présents qui regardèrent avec amertume leur dernier ballon s’envoler dans les airs pour aller s’échouer dans la concession voisine qui longeait le stade de fortune. Les habitants de la villa derrière ces hauts murs étaient réputés pour être de sadiques collectionneurs des ballons tombés. Une des filles de la maison, qui jouissait d’une réputation exécrable dans le quartier, prenait d’ailleurs un malin plaisir à les percer à l’aide une aiguille à couture.

Quoiqu’il en soit, cet événement marqua une fois de plus la fin de la « santé » du jour et le tireur chahuté par ses coéquipiers s’engagea à remplacer la balle la semaine qui suivrait.

Jean-Pierre Bikoué n’en était aucunement perturbé. Il n’aurait de toutes les manières probablement pas pu courir une seconde de plus et cet arrêt inopiné venait définitivement à point nommé pour ses os martyrisés.

La Toyota Fortuner garée en bordure de l’aire de jeu ne l’étonna pas outre mesure. Il n’était pas inhabituel de voir ce genre de véhicule dans le quartier à cette heure de la journée, surtout après la cérémonie de mariage de la veille. Ce n’est que lorsqu’il entendit les deux hommes qui en descendirent se renseigner auprès de certains habitants présents sur son identité et vit l’un deux le pointer du doigt, qu’il s’intéressa de plus près aux inconnus, qui, déjà se dirigeaient vers lui à grand pas pressés.

« N’ayez pas peur ! » scanda tout de suite l’un d’eux.

C’était un barbu de grande taille qui avait des airs de jeune Burt Reynolds africain. Il avait dû constater que Jean-Pierre réprimait son instinct naturel de fuite.

« Nous sommes de la police. C’est votre cousin qui nous envoie. Roland Mebara ! »

Les traits de l’apprenti « Messi » se détendirent instantanément. Le second homme, un grand à lunettes, enchaîna sans attendre :

« Il nous a dit que vous serviez de « videur » pendant sa fête hier soir…

— C’est la vérité.

— « Amita la dangereuse » s’est disputée avec quelqu’un…vous le connaissiez ?

— Oh, ça la ? Je ne sais pas qui c’était… » dit-il souriant, dévoilant des chicots tabagiques.

Il prenait désormais de l’assurance devant ses petits camarades qui s’étaient rapprochés d’eux par curiosité.

Le regard noir du barbu les fit néanmoins reculer de quelques pas.

Une agréable brise de vent secoua le manguier en bordure du terrain et même si le soleil était désormais à son Zénith, la température, atypique pour cette période de l’année, restait agréablement fraîche. Les premiers spectateurs se dispersaient déjà et seuls quelques joueurs s’entretenaient encore à voix haute sur leurs conquêtes pendant le mariage de la veille auquel ils semblaient tous s’être invités.

L’homme aux lunettes se rapprocha un peu plus de Jean-Pierre Bikoué dont l’odeur corporelle, un mixe de sueur et de mauvaise eau de Cologne, aurait fait déguerpir un putois.

« Pouvez-vous nous décrire cet homme ? demanda le policier aux lunettes.

— Il était grand de taille comme vous. Mais il avait un gros ventre et les cheveux gris. Je pense qu’il avait l’argent.

— Pourquoi ?

— Monsieur, il portait une Rolex !

— Vous savez reconnaître une Rolex ? »

Le footballeur ricana. Il passait la moitié de ses journées à regarder Kanye West et Kim Kardashian à la télévision ainsi qu’à lire des magazines People. Cette question était presque insultante.

L’homme aux lunettes continua son interrogatoire.

« Ou est-il allé après la dispute ?

— Monsieur, est-ce que moi je sais alors ? Il faut qu’on demande au Général, c’est lui qui fumait dehors !

— Le Général c’est qui ? »

La question était à peine posée que le jeune homme interpella un de ses coéquipiers qui écoutait attentivement la conversation en faisant mine de se concentrer sur ses lacets défaits. Il se leva et se dirigea à pas lents vers les trois hommes. Il était tout aussi poussiéreux que Jean-Pierre et sa frêle silhouette lui donnait des airs de squelette ambulant. Il tendit une main nonchalante aux policiers.

« C’est vous « Général » ?

— Oui Chef…

— Vous êtes dans l’armée ?

— Non chef ! » ricana l’autre en baissant les yeux.

À cause de l’incompréhension qui se lisait dans les yeux des policiers, Jean-pierre se sentit forcé de s’expliquer :

« Monsieur, il a raté le « Bacc » 5 fois. Donc on l’appelle le Général à 5 étoiles ! »

Le policier barbu sembla distinguer une brève lueur de stupidité dans le regard du bonhomme. En voilà un qui avait manifestement « mérité » ses galons.

« Je suis le commissaire Atangana. L’inspecteur Pascal Étoundi » lança l’homme aux lunettes sans perdre de temps et désignant son collègue du menton. Le général, intimidé, ne répondit pas pendant de longues secondes. Le commissaire reprit les devants.

« Auriez-vous vu un homme énervé sortir de la concession du mariage hier ? Grand de taille, grisonnant et avec un gros ventre ?

— Oh oui, Chef. C’était un peu avant la fin du concert.

— Vers minuit alors ?

— Oui.

— Qu’a-t-il fait après être sorti ?

— Il a d’abord marché dans tous les sens en route. Après il est entré dans sa voiture.

— Était-il seul ?

— Oui chef.

— Quelle voiture conduisait-il ?

— Chef, je ne sais pas. Moi je ne connais pas trop les voitures. Mais je pense que c’était soit une Toyota soit une Peugeot…

— De quelle couleur ?

— Dans l’obscurité, je pense qu’elle était bleue chef !

— Est-il parti tout de suite ?

— Non, non. Il a attendu sans démarrer. Je voyais seulement qu’il fumait une cigarette dans la voiture.

— Il attendait quoi ?

— Chef, moi je ne sais pas. Il est seulement parti lorsque le manager d’Amita est allé l’accompagner à sa voiture. Dès qu’Amita est partie, il a suivi aussi.

— Vous pensez pouvoir le reconnaître si vous le revoyez ?

— Oh ça chef, je suis sûr. Moi je remarque toujours bien les gens !»

Le commissaire se tut un instant. Si l’assassin de la chanteuse était l’homme dans le véhicule alors le manager de cette dernière pouvait définitivement être mis hors de cause. À moins naturellement qu’il n’ait commandité le meurtre. Mais pour quelle raison ? Quelques billets ? Cela ne semblait pas convainquant.

Le commissaire revint à la charge.

« Que s’est-il passé lorsqu’ Amita et son manager sont sortis ?

— Ils se chamaillaient, Chef. Amita disait qu’elle ne va plus jamais travailler pour lui et que de toutes les manières, elle arrête !

— Arrêter quoi ?

— Chef, je pense qu’elle voulait arrêter la musique. J’ai aussi cru l’entendre dire qu’elle voulait se marier. C’est tout ce que moi j’ai entendu. »

Il n’y avait plus grand-chose à tirer de ces deux-là. Le commissaire et l’Inspecteur Étoundi remontèrent dans leur véhicule, non sans avoir au préalable donné un vieux billet de 1000 Fcfa aux « sportifs » pour leur peine. Ces derniers se fondirent en remerciements qui durèrent jusqu’au moment où la Toyota Fortuner disparut au coin de la rue.

 

 ****

« TURBOOOOO !!!!!!!!

— Ouiiiiiiii le gaaaaaarrrrrrssssss !!!!!!!!!!!!! »

C’était la troisième fois en cinq minutes que Turbo Zoua Zoua se faisait ainsi apostropher par des passants enthousiasmés de le voir assis là, sur la terrasse du café « 115 », en plein centre-ville de Yaoundé, en bordure de la ruelle à nids de poules à la pompeuse désignation d’Avenue Kennedy.

Devant lui trônait son « invidable » verre de Guinness à 3000 Fcfa la bouteille, ce qui était une incroyable fortune pour le Camerounais moyen. Turbo, qui ne pouvait manifestement ne s’en autoriser qu’une seule et qui jusqu’à cette heure de l’après-midi n’avait toujours pas réussit à se faire « sponsoriser » par une âme généreuse, se contentait donc de ne boire que par gouttes, histoire de faire durer le plaisir.

Le temps était clément en ce lundi à Yaoundé mais la terrasse du « 115 » était néanmoins totalement désertée. Le café chic des années 90 était désormais une ruine et avait perdu de sa superbe. Une corpulente et oisive serveuse en jupette noire et chemise d’un blanc douteux somnolait dans un siège en dessous de ventilateurs géants, qui, dans un bruit à vous glacer le sang, menaçaient dangereusement de se décrocher du plafond.

Turbo Zoua Zoua s’en foutait.

Ce qui importait, c’est que tous les marchands à la sauvette qui obstruaient la route devant le café l’avaient vu, assis là. Cela allait alimenter les conversations dans les bars le soir et contribuer un peu plus à sa notoriété. Afin de s’assurer de ne vraiment point passer inaperçu, il avait enfilé sa chemise de spectacle, sa griffe personnelle, d’un verdâtre douteux et cinglé d’un « Z » dans le dos.

« Z » comme Turbo…

L’attractivité masculine au Cameroun se démontrant encore par l’exhibition de parties corporelles, Turbo Zoua Zoua n’avait donc pas hésité à ouvrir plusieurs boutons de sa parure, laissant ainsi deviner des poils de poitrine d’un jaune sale, poils censés impressionner la gente féminine malheureusement presque totalement absente depuis qu’il était installé là.

Un taxi brinquebalant stoppa brusquement dans un hoquet juste devant l’entrée de la terrasse. Un jeune homme, en jean et bras de chemise en sortit et se dirigea directement vers le chanteur. Il était très frêle et clignait beaucoup des yeux. Avec sa sacoche en cuir en bandoulière, il ressemblait à s’y méprendre à un de ces milliers d’étudiants-chômeurs que l’université de Soa produisait à longueur année.

« M. Ekounou Jean-Baptiste ?

—  Vous c’est qui ? » demanda le chanteur méfiant, peu habitué qu’il était d’être interpellé par son vrai nom. Il est vrai qu’Ékounou Jean-Baptiste était de loin moins pompeux que Turbo Zoua Zoua.

« Je m’appelle Bertrand Nkolo, Monsieur. Agent de police au commissariat du 21ème… » répondit l’homme en montrant un vieux badge délavé.

Turbo Zoua Zoua le regarda d’un air soupçonneux. Un policier qui arrivait à un interrogatoire en taxi ? Le Cameroun c’était vraiment le Cameroun.

« J’attendais le commissaire, lâcha-t-il après avoir terminé son évaluation.

—Le commissaire Atangana ? Non Monsieur. Le commissaire ne se déplace pas toujours lui-même pour tous les interrogatoires. En plus, il a travaillé toute la journée de Dimanche et commence tard ce lundi.  Il m’a appelé pour me dire de venir prendre votre déposition. »

Turbo Zoua Zoua était quelque peu vexé. Il était une star de la chanson camerounaise. Son nom était dans toutes les bouches et ce n’était toutefois pas le célèbre commissaire Atangana mais plutôt un quelconque valet qui allait l’interroger ? Il accompagna d’un regard mauvais le jeune homme qui s’était emparé d’une chaise devant lui et vidait sans façons le contenu de sa sacoche sur la table à la recherche d’un stylo et d’un bloc-notes, manquant de renverser au passage le verre rempli d’or noir que le musicien rattrapa in-extremis.

« Pardon… !

— Bon, c’est alors quoi le problème ? » demanda TurboZoua Zoua pour mettre un terme rapide à cette rencontre déplaisante.

Bertrand Nkolo n’était pas du genre à se laisser impressionner et surtout pas par un ivrogne qui se donnait le titre de chanteur parce qu’il alignait l’une après l’autre toutes les obscénités lui venant à l’esprit dans un tube, qui se vendait malgré tout comme des petits pains, preuve de la déchéance absolue des mœurs. Élevé par des parents catholiques de la première heure, Nkolo n’était pas un habitué de cette scène musicale qu’il répugnait et n’avait pas du tout l’intention de se laisser faire par ce troubadour alcoolisé.

Il se décida d’aller droit au but comme le lui avait enseigné son chef, le commissaire Atangana :

« Amita la dangereuse a été retrouvée morte dans la nuit de Samedi à Dimanche dans son véhicule… », commença le jeune homme.

Un moment de silence et un lapidaire :

« Et moi quoi là ? »

La dureté de sa réponse désarçonna quelque peu le policier, qui se ressaisit néanmoins rapidement.

« Il parait que vous vous êtes disputés plusieurs fois au téléphone ces derniers temps. Violemment même.

—  Et c’est alors moi qui fais les accidents de voiture ??! »

Manifestement Turbo Zoua-Zoua n’avait pas envie de se montrer coopératif. Déjà montrait-il des signes ostensibles d’agacement.

« Qui a dit que c’était un accident ? »

—  C’est alors quoi ? On l’a tué ?

— Vous, vous l’engueuliez d’abord au téléphone pourquoi ?

— Aka, cette pimbêche croit qu’elle est arrivée, non ?

— Pourquoi ?

—  Nous, on est tous là, on galère. Le « Festi-Bikutsi » approche et les organisateurs réduisent nos primes de 25.000Fcfa. Comme ça ! Sans raisons ! Ils disent que c’est parce que comme l’année dernière il y avait moins de gens, ils ne peuvent pas payer plus.

—  Et alors ?

— Alors ?! hurla Turbo à bord de l’apoplexie, alors, comme c’est elle qui est en haut maintenant, elle a dit qu’elle ne peut pas décevoir ses fans qui viennent spécialement au Festi pour elle. En plus, elle racontait partout que c’était son dernier et si elle participe, nous aussi on n’a pas le choix.

—  Pourquoi ?

— C’est même quoi avec ton « pourquoi » là ??…Parce que c’est surtout pour elle que le public vient. Maintenant on ne peut plus faire la pression sur les organisateurs. On perd tous de l’argent à cause d’une fille comme ça !!! Avec toute la piraterie là ce sont les concerts comme ça qui nous donnent aussi un peu les petits sous ! »

Le chanteur était tout rouge. Son visage grassouillet transpirait à grosses gouttes et le col de sa chemise était trempé. Nkolo, lui, était satisfait. Il l’avait désormais exactement là où il le souhaitait.

« Je ne comprends pas, continua Nkolo en feignant l’innocence, je croyais que c’était vous la grande star du Bikutsi, pourquoi les autres chanteurs préfèrent la suivre elle, alors que c’est vous qui avez initié le boycott ? »

Un instant, le jeune policier cru que le musicien allait lui sauter à la gorge. Ses yeux globuleux semblaient vouloir se détacher de son visage.

« Tu me provoques ?? Bien sûr que c’est moi le meilleur !!! Va même dehors là. Demande à n’importe qui ! Ils vont te dire !! » hurla-t-il avant de continuer sur un ton plus calme et précédé d’une moue méprisante :

« Tsuiiipp…les enfants-ci, quand vous ne connaissez rien, il faut vous taire.

— Monsieur, répliqua le jeune homme, oui, je ne m’y connais pas bien en musique, mais je connais mon boulot. Et pour moi, c’est une raison de la tuer.

— Donc on l’a vraiment tuée ???? Sa surprise n’était pas feinte.

— Nous pensons que oui.

—  Comment ?

— Secrets d’enquête, annonça Nkolo pompeusement, et je compte sur votre discrétion.

— Oui, oui… », murmura le Turbo.

Il semblait désormais perdu dans ses pensées. Le jeune policier avait toutefois une dernière question à poser.

« Je veux savoir monsieur Ekounou : Vous étiez ou hier soir ?

—  Pourquoi ? Tu penses que c’est moi ?? » répondit-il en insistant sur son tutoiement.

—  Hier soir, j’étais au restaurant « Maison blanche ». Demande à qui tu veux. On fêtait l’anniversaire de Petit Pedro ! »

Petit Pedro était une autre de ces stars dont le talent le plus évident consistait à faire disparaître le contenu d’un nombre impressionnant de bouteilles de bière dans sa bedaine sans fond, et ce, sans en payer la moindre.

« Jusqu’à quelle heure ?

— Je ne sais plus. Je pense vers minuit ou 1h du matin.

C’est environ à cette heure qu’ »Amita la dangereuse » avait été vue monter dans son véhicule pour la dernière fois.

« Vous étiez ou après ?

— Chez moi.

— Chez vous c’est où ?

— Nouvelle Route Bastos. Je suis arrivé vers 1h30.

— Quelqu’un peut-il le témoigner ?

— Ma bonne. C’est elle qui est venue ouvrir le portail !»

Un alibi qui devait être confirmé mais qui semblait néanmoins plausible. En outre, la Nouvelle Route Bastos était bien trop loin du lieu du crime pour que le chanteur ait eu le temps de s’y rendre et néanmoins d’être chez lui dans les temps.

Nkolo rangea ses affaires dans sa sacoche et se leva quand Turbo Zoua-Zoua lui saisit le bras.

« Moi, je dis seulement que c’est dommage. Même si je ne la yahais pas mo[1], je n’aurais pas souhaité que ce genre de choses lui arrive. C’est surtout dommage pour son bébé.

— Quel bébé ? D’après mes informations son fils a dix ans.

— Ékié, vous ne savez pas qu’elle était enceinte de quatre mois ??? Le Festi-Bikutsi allait être son dernier festival. Après elle voulait tout arrêter…

— Qui est le père ?

— Ah, ça moi je ne sais pas. Il y avait beaucoup de coupeurs[2] parait-il… » ajouta-t-il en se gaussant.

Nkolo pensa qu’il s’agissait là d’une nouvelle qui risquait de bien compliquer les choses. Il était temps de partir et d’en informer le commissaire.

Turbo Zoua Zoua ricanait toujours stupidement.

Le jeune policier quitta le café au pas de course avant qu’il ne se sentit obligé d’infliger plusieurs claques à cet odieux imbécile.

[1] Si je ne l’appréciais pas particulièrement en Camfranglais, argot cameounais
[2] Amants

Par Félix Oum


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À propos de l’auteur
Félix Oum

Félix Oum

FÉLIX OUM

Félix Oum est né au Cameroun et a fait ses études en ingénierie à l’université technique de Berlin. Il travaille dans le domaine énergétique à Stuttgart. Il se passionne depuis des années pour le dessin et l’écriture, plus précisément l’écriture de poèmes et le travail à un roman. Très attaché à son Cameroun natal, il décide en Mars 2014 de se lancer dans la rédaction d’une série de nouvelles sur le quotidien des forces de l’ordre face aux réalités africaines avec l’intention affichée de donner ainsi à son pays son premier « Sherlock Holmes ».

 

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