SAISON 2 : AMITA LA DANGEREUSE

 ÉPISODE 10 : Exitus

*****

 « Quitte-moi avec tes choses là!! »

C’est avec une agressivité pas feinte que Mboudou renvoya d’un signe de la main la serveuse qui s’approchait de lui, toutes dents dehors, portant à bout de bras la salade du jour. En bon Bulu, il n’était pas fan de tout ce qui était vert, à moins que ce ne soit pour accompagner un morceau de porc ou de poisson braisé.

La serveuse du restaurant « Chez maman Rose » du quartier Tongolò ne s’en offusqua point, habituée qu’elle était d’être traitée avec le plus grand mépris.

« Votre poisson arrive Monsieur.»

Il était 01h de l’après-midi. Le soleil était à son zénith mais la brise fraîche qui balayait les visages des policiers assis à une grande table sur la véranda du restaurant rendait la chaleur toutefois supportable. Seuls les bruits de klaxons incessants des taxis roulant à vive allure sur la chaussée trouée devant eux venaient briser le silence. Le restaurant était bien visité et les clients, pour la plupart des fonctionnaires, s’entretenaient posément autour d’un verre de «Mutzig» glacé et d’un plat de Kanga, ce poisson d’eau douce bien pimenté. Ils n’étaient pas forcément pressés d’aller reprendre le travail.  Le commissaire, qui avait finalement préféré attendre le lendemain de l’obtention de son mandat pour mener à bien son arrestation, avait invité ses collaborateurs à déjeuner. Ces invitations dérivaient souvent en réunions de mise au point, au grand dam de ses collaborateurs à qui le repas restait, pour cette raison, souvent coincé en  travers de la gorge.

En cette journée ensoleillée, seule Marie-Paule avait renoncé à les accompagner afin d’assurer la permanence au commissariat. Le jeune nouveau, Nkolo, était pour la première fois de la partie et fier comme un paon. Il guettait tous les faits et gestes de ses chefs, Atangana et Étoundi, et s’en allait parfois jusqu’à singer leurs mouvements. L’inspecteur Pascal Étoundi vida d’une traite sa Malta Guinness, reposa délicatement la bouteille sur la table sale et, comme à son habitude, brisa le silence en premier:

«Jo, bon on dit quoi donc? Veux-tu nous faire part de tes conclusions?» lança-t-il à l’adresse de son chef.

Le commissaire Joseph Julio Iglesias Atangana sourit. Il savait ses collaborateurs suspendus à ses lèvres et souhaitait goûter le plus longtemps possible à ce plaisir égoïste. Passé maître dans l’art de pousser le cérémonial jusqu’à l’exaspération, il prit donc le temps de se lécher les doigts qu’il avait trempé auparavant dans la chair blanche d’un Tilapia braisé et pimenté, avant de les nettoyer dans une cuvette d’eau mise à sa disposition par la jeune serveuse. Enfin convaincu de leur propreté, il s’adossa solennellement à sa chaise en bois largement amortie. Celle-ci menaça un instant de céder, stressée par la masse impressionnante que constituaient ses muscles secs.  

«Je pense que vous vous rappelez tous des suppositions que nous avions faites sur la scène du crime, n’est-ce pas?

— Bien sûr ! répondirent Nkolo, Mboudou et Mbarga en cœur.

— Voulez-vous bien nous les rappeler Monsieur Nkolo?» ajouta le commissaire sur un air professoral en se retournant vers son plus jeune collaborateur.

Nkolo avait déjà entendu parler de cette méthode de questionnement direct employée par son supérieur. Il avait compris que l’intention de ce dernier était de s’assurer qu’ils étaient continuellement en alerte.  Aux dires de ces rumeurs, son chef échouait régulièrement lorsqu’il s’agissait de Mboudou.

Le benjamin de l’équipe se racla la gorge et entama un long monologue.

« Chef, vous aviez dit que compte tenu des chocs sur la voiture et des traces de freinage constatées , le meurtrier avait volontairement voulu faire sortir Amita de la route. Vous disiez être sûr qu’il s’agissait  d’une autre voiture à cause des nombreuses traces de peinture de couleur bleue sur la carrosserie blanche de la Mercedes d’Amita, ainsi que des tessons de pare-brise trouvés sur les lieux du crime, mais qui n’appartenaient pas à la Mercedes. Cette dernière a finalement fait plusieurs tonneaux et s’est retrouvée sur le terrain vague en bas du ravin qui longeait la voie.»

Nkolo, s’arrêta un instant et alla chercher un consentement sur les visages souriants et détendus de ses supérieurs. Conforté dans son analyse, il reprit.

«Vous avez ensuite constaté que le meurtrier semblait avoir rejoint la chanteuse dans le ravin car des traces de chaussures d’hommes  étaient clairement visibles.Vous avez donc supposé que l’assassin était descendu pour vérifier si Amita était morte. Quand il a constaté que c’était le cas, vous avez supposé qu’il avait été pris de remords car il semble lui avoir fermé les yeux et placé ses bras en croix, ce que le médecin légiste a confirmé.»

Nkolo consulta une nouvelle fois son audience muette. Mbarga, assis un peu en retrait à l’autre bout de la table jouait avec le capuchon de sa bouteille de bière et l’écoutait avec une attention sincère. L’inspecteur Étoundi se curait les dents avec son ongle et le commissaire le fixait droit dans les yeux, manifestement captivé par un récit qu’il connaissait pourtant par cœur. Le jeune policier, honoré, interpréta ce silence comme un acquiescement et continua son résumé après une brève pause.

«…Vous avez donc pensé que c’était quelqu’un qui la connaissait. Un membre de famille, un ami ou peut-être un amant. Un inconnu n’aurait probablement eu aucune raison de la pousser à l’accident. Un collègue jaloux n’aurait sûrement pas montré de signes particuliers de compassion après un tel acte…Malheureusement, comme cela s’est passé très tard dans la nuit après son concert et les rues étant désertes, les gens n’ont découvert son véhicule accidenté qu’au petit matin de ce dimanche là. Donc aucun témoin oculaire.»

Le policier s’interrompit quelques secondes pour reprendre son souffle.  L’inspecteur Étoundi l’observait toujours attentivement.  Il l’avait lui-même recruté et était pleinement satisfait de son cursus. Le jeune homme était vif et attentif. Tout le contraire de Mboudou que Pascal s’attelait à maintenir à distance respectable de son protégé afin d’éviter qu’il  ne soit gobé par les méandres de sa médiocrité.

Mbarga s’était rapproché de ses collègues et posa le premier la question qui leur trottait à tous dans la tête.

«Mais Chef, nous avons vérifié les alibis de tout le monde. Que ce soit Angouan’d, Turbo Zoua Zoua ou même François Muguet…

— Vous avez oublié l’alibi de monsieur Ébodé…, lança la commissaire sur un ton triomphant.

— …Giresse? Comment ça?

— Quelque chose m’avait intrigué chez lui, continua le commissaire. Après la seconde visite chez eux, j’avais vite soupçonné qu’il était le père de Fabrice, le fils de madame Owona. Comme vous le savez, cela a été confirmé par la mère de la chanteuse. Dès ce moment, en tant qu’ex-amant,  il m’apparaissait désormais également être un possible suspect. En outre, Angouan’d nous avait confié que quelqu’un du passé de la jeune femme continuait de la harceler. Il ne l’avait malheureusement pas cru, pensant qu’elle cachait un autre amant. Bon, mais seulement voilà :  monsieur Ébodé était censé être en mission à l’Est. Un alibi parfait, n’est-ce pas?

— …Sauf qu’il n’y était pas!» compléta Pascal Étoundi, heureux de participer enfin activement à la discussion.

Après avoir savouré l’effet de cette déclaration sur ses collègues, l’inspecteur compléta son affirmation.

«Je me suis rendu à la direction des eaux et forêts de la ville de Bertoua qui l’y attend pour une mission seulement le mois prochain.

— …Alors ou était donc monsieur Ébodé?» insista Mbarga.

Le commissaire Atangana prit un air mystérieux.

«…Bonne question monsieur Mbarga. L’indice m’a été fourni indirectement par la jeune Solange, sa bonne, qui m’a fait savoir que sa voiture était au garage. Et le garagiste, monsieur Meva’a, vous a confirmé, à vous monsieur Mbarga et monsieur Mboudou, que la voiture de couleur bleue, en outre au pare-brise abîmé, avait subi de nombreux chocs exactement aux endroits qui auraient pu avoir touché le véhicule de madame Owona. Monsieur Ébodé a mis cela sur le compte d’un phacochère du côté de Bertoua sauf…

— …Qu’il n’y était pas…, termina Nkolo, songeur.

— En effet. Par contre, nous savons bel et bien qu’il était dans la ville de Yaoundé pendant le Week-end du meurtre. Plus précisément à l’auberge «Le patron». Donc il a menti à sa famille et son alibi potentiel tombe à l’eau! », conclut le commissaire.

Dehors, les rues s’étaient vidées. La pause de midi se terminant, les employés du secteur privé étaient repartis au travail. Ceux de la fonction publique étaient, pour leur part, sûrement entrain de rentrer chez eux. Le trafic dans la rue était déjà nettement moins intense. Les chiens galeux ressortaient de leurs cachettes et se remettaient à fouiller dans les caniveaux avoisinants à la recherche de restes de nourritures. Mboudou avait enfin reçu son poisson mais s’inquiétait désormais de ne pas avoir suffisamment de temps pour le  dépecer convenablement.

«Donc Chef, si j’ai bien compris, le mandat d’arrêt c’est pour Giresse?

— Exactement, monsieur Mbarga. Et le mandat de perquisition c’est pour sa voiture que le garagiste, sur mon ordre, va lui rendre dans quelques minutes. Raison pour laquelle nous sommes de faction ici et attendons patiemment son arrivée, répondit le commissaire dans un sourire.

— Mais chef, c’est pour trouver quoi dans sa voiture? demanda Nkolo, grandement intéressé.

— Vous rappelez-vous de ma remarque concernant l’absence de portable de madame Owona sur le lieu du crime, surtout lorsque nous savons qu’ici personne ne se sépare du sien?

— Vous aviez dit que c’est probablement son meurtrier qui s’en était emparé.

— …Oui, mais pas pour le voler. Quelqu’un qui prend le temps de vous mettre les bras en croix ne vole pas votre portable juste pour le voler. Il le dérobe parce qu’il contient des échanges compromettants avec sa victime, et le garde sur lui par sentimentalité et par prudence. Monsieur Ébodé ne ferait jamais l’erreur de laisser ce portable à son domicile et de courir le risque que son épouse, Marianne, le découvre. D’après le garagiste, il en possédait deux dont l’un était dans sa boite à gants. Vous ne trouvez pas ça bizarre?

—…Personne ne laisse son portable dans la boîte à gants chef…Surtout si c’est encore un smartphone, dût s’avouer le jeune policier.

— Donc messieurs, quand vous allez l’appréhender tout à l’heure. Laissez le d’abord s’installer dans le véhicule et y prendre ses aises. Dès qu’il l’aura fait, il remettra tout à sa place en commençant par le portable qu’il a sûrement sur lui et qu’il replacera probablement dans sa boite à gants. Vous trouverez tous les échanges avec la chanteuse et probablement les preuves de son harcèlement.

— Vous ne venez pas?

— Vous n’avez pas besoin de moi pour cela, répondit le commissaire, vous avez la voiture de monsieur Ébodé, la déposition du garagiste, monsieur Meva’a, ainsi que ceux de la jeune Solange et de la mère de madame Owona. À l’auberge «Le patron» on vous confirmera sa présence à Yaoundé le week-end du meurtre et vous trouverez le portable de la victime en sa possession. En outre, monsieur Mbarga, vous allez  vous rendre à Biyem-Assi me chercher un certain Jean-pierre Bikoué et son ami, et un certain «Général» pour une confrontation. Ils identifieront monsieur Ébodé comme étant l’homme qui s’était disputé avec madame Owona lors de son dernier concert et qui a suivi son véhicule lorsqu’elle a quitté la cérémonie de mariage. Cela suffira largement.

— Chef, mais pourquoi a-t-il tué Amita? insista Mbarga.

—  Monsieur Ébodé possédait la jeune femme pendant toute la jeunesse de cette dernière. Il l’a violée impunément pendant des années. Il n’a probablement jamais accepté le fait qu’elle fasse désormais sa vie ailleurs. Je suppose que l’annonce de sa grossesse et de son mariage imminent avec Angouan’d a conduit au dérapage cette nuit-là. Il a compris qu’il la perdrait définitivement. Si lui ne pouvait pas l’avoir, alors personne d’autre ne l’aurait… Les messages sur le portable de la jeune femme confirmeront probablement mon hypothèse.»

Un taxi bondé venait de freiner avec difficulté devant l’entrée «Petite voirie». Giresse en descendit. Il était très élégant dans une veste grise et des lunettes de soleil qui recouvraient la moitié de son visage. Depuis la terrasse du restaurant en face, les policiers pouvaient observer la scène sans se faire particulièrement remarquer. Giresse échangea encore quelques mots avec le chauffeur du taxi. Le soleil faisait scintiller son énorme Rolex pendant qu’il comptait les pièces de monnaie qu’il venait de se faire rembourser. Il les empocha et s’engagea à pied dans la ruelle qui menait au garage d’André Meva’a.

Les collaborateurs du commissaire se levèrent comme un seul homme pour lui emboîter le pas. Joseph Atangana les regarda encore disparaître derrière le premier pâté de maisons, soulagé. Pendant qu’il s’emparait de son porte-monnaie pour régler l’addition, son regard s’arrêta sur un prospectus arraché qui virevoltait dans la douce brise.

L’annonce du prochain Festibikutsi. Turbo Zoua Zoua était en tête d’affiche.

****

ÉPILOGUE

«BOUM! BOUM!!!»

Le portail métallique de la résidence vibra brutalement, engendrant  un écho qu’on aurait pu entendre deux ruelles plus loin.

Le quartier ne se réveilla pas pour autant.

C’est Élisabeth qui sursauta la première et secoua son époux profondément endormi à ses côtés. Il maugréa quelques sons inaudibles et lui tourna ostensiblement le dos en tirant le drap blanc sur sa tête. Elle dût s’y reprendre à maintes reprises avant qu’il n’ouvrit un premier œil, légèrement vexé.

«Quoi ? demanda-t-il visiblement de mauvaise humeur et encore à moitié endormi.

— Joseph, des gens viennent de sauter au dessus du portail pour entrer dans la concession! Je pense qu’ils sont à deux!» répondit-elle,  apeurée.

Les derniers restes de sommeil disparurent instantanément du visage du commissaire Atangana. Sa méfiance naturelle l’avait conditionné et tous ses sens étaient désormais en alerte.

«Quelle heure est-il ?

— 3h du matin ».

Il se leva, enfila un pantalon de jogging posé sur un siège près du lit et chercha à tâtons dans l’obscurité totale l’interrupteur de la pièce. La chambre était dans un grand désordre et de nombreux dossiers traînaient encore ça et là sur le plancher. Le commissaire avait, comme à son habitude, travaillé très tard et n’avait plus eu que le temps de se débarrasser à la hâte de ses vêtements avant de s’effondrer dans le lit conjugal.

L’interrupteur enfin trouvé, il se mit à fouiller le tiroir de sa commode et en sortit un pistolet Glock 18 chambré à 9mm parabellum qu’il arma en mode automatique. Il se saisit ensuite de la torche électrique sur la table de chevet et éteignit à nouveau la lumière blanche de la réglette. Élisabeth était assise sur le lit et l’observait avec inquiétude. Ses longues tresses s’étalaient sur ses frêles épaules et l’embellissaient encore plus.

« Va dans la chambre des jumeaux, récupère-les et descendez tous les trois au sous-sol. Tu n’ouvres à personne d’autre qu’à moi. Compris ?» ordonna le commissaire.

Elle acquiesça d’un signe de tête et sauta du lit. Elle savait s’orienter sans difficultés dans l’obscurité et disparut assez vite de la chambre. Le commissaire Joseph Atangana se saisit de son téléphone portable en tâtonnant, le glissa dans sa poche et sortit dans le petit jardin. Il faisait une chaleur moite mais il frissonna néanmoins lorsque ses pieds nus effleurèrent le gazon humide . Une armada de chiens errants aboyaient au lointain.

«Qui est là ? » demanda-t-il à voix basse lorsqu’il ne fût plus qu’à quelques centimètres de son portail.

Instinctivement, il s’était positionné dos à la barrière en béton massif  afin de se protéger , au  cas où ses « visiteurs » nocturnes étaient armés.

Pas de réponses.

L’obscurité du jardin ainsi que les nombreux arbres de sa cour rendaient la localisation de potentiels assaillants quasiment impossible. Joseph estima que la situation n’était pas à son avantage. Il décida d’abandonner sa position pour refaire en marche arrière les quelques mètres qui le séparaient de la noble bâtisse blanche du style colonial dans laquelle il logeait depuis son retour au Cameroun. Il retourna dans la maison et referma la porte centrale derrière lui. En cas de siège, ses chances seraient bien meilleures à l’intérieur.

Il sortit son téléphone portable de sa poche et composa le second numéro sauvegardé dans la mémoire.

« Hallo ?»

L’inspecteur Étoundi semblait à moitié endormi.

«Pascal ? J’ai besoin de toi.»

À l’autre bout de la ligne, Pascal se réveilla instantanément. Il connaissait son chef depuis son enfance et savait interpréter chacune de ses intonations. Il devina tout de suite que quelque chose clochait.

«Jo ? Que se passe-t-il ?

— Des personnes probablement armées ont pénétré dans ma concession et se cachent dans la cour. Deux personnes, je pense…

— …Des acolytes du commissaire Évouna sûrement…Je me mets en route. Je prends Mboudou et Mbarga au passage. Essaye de gagner du temps.»

Il raccrocha tout de suite. Il n’était nul besoin de lui donner de plus amples détails. Pascal n’avait jamais quitté le Cameroun et connaissait que trop bien les rumeurs. Des «visites» à 3h du matin ? Chez un commissaire ? Cela ne laissait rien augurer de bon.

Joseph tourna en rond dans son salon meublé à l’européenne auquel des babioles africaines entreposées ça et là octroyaient toutefois une touche assez folklorique. Il calcula qu’à cette heure de la nuit, les routes étaient probablement désertes. Pascal n’aurait pas besoin de plus d’une vingtaine de minutes pour partir du « Camp Sonel » pour rejoindre le quartier « Cité verte », même s’il s’arrêtait au passage à la montée « Emma Basile » pour y récupérer ses autres collaborateurs.

Le commissaire jetait des regards nerveux vers l’horloge murale au dessus de la télévision. 3h20.

Soudain, il entendit une détonation semblable à une explosion. La porte centrale vola en éclat et le policier fut projeté contre le mur derrière lui. Un éclat de bois effleura sa tempe et sa tête esquiva de justesse le rebord du secrétaire en bois d’ébène qu’il avait offert quelques mois plus tôt à son épouse. Le choc fut si violent qu’il pensa un instant qu’il allait perdre connaissance. C’est à ce moment qu’il distingua deux silhouettes qui pénétraient dans le salon. Elles semblaient lourdement armées, même si dans la cohue, le commissaire n’arrivait pas à identifier de façon définitive de quel type était leur arsenal.

Instinctivement, Atangana fit une roulade pour plonger vers son revolver qui lui était tombé des mains. Il ressentit une brûlure soudaine dans le bras, rapidement suivie d’une seconde dans l’abdomen. Il comprit qu’il avait été touché. Il répliqua sans attendre. Le Glock tremblait sous l’impulsion des balles qu’il projetait et hurlant des sourds « Plouf ». Puis, il sembla s’écouler une éternité.

Le commissaire observa les deux silhouettes s’effondrer l’une après l’autre sur le plancher de son salon. Ce n’est qu’en ce moment qu’il dirigea sa main vers son ventre. Du liquide chaud et visqueux s’écoulait manifestement d’une plaie grosse comme une balle de tennis. Dans la pénombre, il ne distinguait pas vraiment grand chose mais comprit instantanément qu’il était entrain de se vider de son sang.

Par Félix Oum


FIN DE LA SAISON 2

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Vendredi Polar Saison 1

À propos de l’auteur
Félix Oum

Félix Oum

FÉLIX OUM

Félix Oum est né au Cameroun et a fait ses études en ingénierie à l’université technique de Berlin. Il travaille dans le domaine énergétique à Stuttgart. Il se passionne depuis des années pour le dessin et l’écriture, plus précisément l’écriture de poèmes et le travail à un roman. Très attaché à son Cameroun natal, il décide en Mars 2014 de se lancer dans la rédaction d’une série de nouvelles sur le quotidien des forces de l’ordre face aux réalités africaines avec l’intention affichée de donner ainsi à son pays son premier « Sherlock Holmes ».

 

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