Vient de paraître Abolition de l’esclavage (1848-1852) de Oruno D. Lara chez L’Harmattan, 2016, 116 p. ISBN : 978-2-343-08869-3 Prix : 12,83 €

L’objectif de cet ouvrage est d’expliquer comment s’est déroulée cette période d’abolition ou d’émancipation générale dans les colonies françaises concernées entre 1848 et 1852. Chaque colonie – Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion – possède sa date particulière d’abolition, ses traditions, sa mémoire et ses personnages. La période de l’abolition de l’esclavage ne s’accompagne pas de la fin de la colonisation française !

Les nègres esclaves qui sont libérés en 1848 ne sont pas libres de leurs mouvements, ce sont des hommes et des femmes encore détenus dans le système colonial. Des « colonisés » qui naissent, vivent et meurent dans une dépendance coloniale. Ce sont des hommes et des femmes surveillés par toute la machinerie coloniale mise au point par la France qui ne cesse, depuis les décrets du 27 avril 1848, de perfectionner et d’ajuster ce type de plus en plus sophistiqué de domination coloniale.

 

EXTRAIT

L’abolition ou l’émancipation générale des esclaves dans les colonies françaises s’annonce deux fois, à une cinquantaine d’années d’intervalle :

– le 4 février 1794 par le décret du 16 pluviôse an 2 pris par la Convention Nationale ;

– le 25 février 1848 par le Gouvernement provisoire de la Deuxième République.

J’utilise ici les termes d’abolition ou celui d’émancipation que retient la Vulgate*.

Historiquement parlant, je préfère me référer au processus de destruction du système esclavagiste, un concept plus scientifique que j’ai forgé depuis des décennies. Ce concept prend en compte le soulèvement des Nègres de la Plaine du Nord de la colonie française de Saint-Domingue le 22-23 août 1791. C’est le début d’un processus de destruction qui se déploie sur tout l’espace des Caraïbes dès la fin du XVIIIe siècle et qui recouvre le XIXe siècle.

C’est ce processus général valable, répétons-le, pour tout l’espace des Caraïbes-Amériques (y compris les États-Unis, le Brésil, le Pérou et l’Argentine) que j’ai étudié dans ma thèse de doctorat d’État de 1991** .

Le feu de cette destruction s’est répandu immédiatement, après la création d’Haïti, dans les possessions espagnoles sous les pas de MIRANDA et de BOLIVAR, sauf dans les îles de Cuba, Puerto-Rico, Trinidad. La Republica Dominicana reste un cas singulier, indissociable de sa voisine, la République d’Haïti.

Observons que jusqu’en 1830, les colonies qui veulent briser leurs relations avec leurs tuteurs et devenir indépendantes doivent s’investir dans une guerre coloniale. Trois guerres coloniales ont concerné les Caraïbes : la Guerre d’Indépendance des États-Unis, la Guerre d’Indépendance d’Haïti et la guerre d’indépendance des républiques ibéro-américaines. Trois guerres coloniales perdues par les puissances européennes : Angleterre, France et Espagne. Une quatrième guerre coloniale opposera Cuba à l’Espagne en 1895-1898 et se terminera par la défaite de la royauté péninsulaire. La guerre Hispano-américaine de 1898 qui verra l’effondrement complet de l’Espagne n’aura été qu’une phase terminale du conflit précédent (la guerre de 1895-1898).

 

*Par Vulgate, j’entends l’ensemble de croyances et de mythes hérités du système colonial et des planteurs békés qui ne repose sur aucune base scientifique.
**ORUNO D. LARA, CARAÏBES EN CONSTRUCTION: espace, colonisation, résistance, Editions du Centre de recherches Caraïbes-Amériques, 2 vol., 1992, résumé de ma thèse de doctorat d’État(Histoire Moderne et Contemporaine)

 

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